• Linky : pour une analyse plus politique du problème

     

    Suite à la pleine page de propagande parue dans « Le Montreuillois » (page 5) à propos du Linky, pour justifier l’immobilisme inqualifiable de notre Mairie, je ne vais pas reprendre les points un par un.

    Il y a plein de sites (dont : http://www.santepublique-editions.fr/ ; qui est le plus documenté à ma connaissance) qui vous diront mieux que moi, pourquoi absolument tout ce que raconte « Le Montreuillois » est de la propagande du pipeau de la désinformation.

     Par ailleurs, que cela soit clair en préambule, je suis pour le relevé à distance qui épargnera un travail pénible aux agents qui en sont chargés ; d’autant que personnellement je trouve contraignant de devoir être présent une fois par an pour cette opération.

     Par contre, il y a beaucoup d’autres éléments dans cette histoire qui font qu’on ne peut pas réduire cette opération à la simple mise en place d’un relevé à distance des consommations. Et ces éléments sont graves, même très graves, par rapport à ce qu’ils impliquent en terme de choix de société, ainsi que de protection et de respect des personnes.

     

    Concernant le problème de l’électrosensibilité, contesté et nié, et les pratiques commerciales d’EDF… 

     L’OMS et de nombreux pays reconnaissent les problèmes consécutifs à l’électrosensibilité, mais bien sûr ce sont tous des imbéciles, dont il faut se gausser, comme savent si bien le faire tous ceux qui ne doutent jamais, ou qui sont payés pour décrédibiliser tout ce qui gêne les intérêts des lobbys.

    Il est vrai que nous sommes dans un domaine d’incertitude. Cependant de moins en moins incertain, si on en croit le professeur Belpomme, ainsi que de nombreuses autres études tout également, quand elles ne sont pas financées par les électriciens et les téléphonistes ; voir cet article de « Sciences et Avenir » qui fait le point : « Électrosensibilité : que dit la science ? »

     La négation de ce problème par certains me fait penser à ce que les psys freudiens ont affirmé de l’origine psychologique de l’autisme ; vouant pendant des décennies à l’opprobre public et amplifiant la culpabilité des parents déjà meurtris ; alors que l’on sait maintenant que la psy ne compte pour rien dans l’apparition de cette maladie. Il y a eu aussi une époque où le SIDA n’était qu’une maladie des homos qui ne concernait pas le reste de l’humanité, avant que l’on s’aperçoive que nous pouvions tous être touchés par ce fléau…

     Toujours le même mépris pour la parole et la souffrance (fût-elle psychosomatique) des gens de la part de soi-disant « sachant », jamais désintéressés (quand on sait qui les paye et/ou les intérêts qu’ils défendent) à faire passer tous les autres pour des imbéciles ou des cas psys.

     

    Pourquoi ne pas respecter le libre choix des consommateurs ? Pourquoi imposer ce compteur, même à ceux qui n’en veulent pas ?

     

    On remarquera au passage que la « vente forcée » (ou vente sans consentement) est réprimée par des articles du Code pénal ; mais bien sûr cela ne concerne pas EDF et ses pratiques.

    Il est vrai qu’à ce niveau-là le discours est rodé : « ce compteur ne nous coûtera rien ». Quelle blague, puisque son déploiement coûtera de l’ordre de 5 à 7 milliards à l’entreprise et que c’est bien nous qui le paierons sans que cela ne figure jamais ainsi sur nos factures ; comme le confirme Que Choisir : « (…) au titre de l’article 5 du décret n° 2010-1022 du 31 août 2010, le coût global sera intégré dans le tarif d’utilisation du réseau public de l’électricité (TURPE), que l’on retrouve sur la facture sous le nom de « tarif d’acheminement ». »

    Cette installation « sans coût » est donc une intox consécutive aux pratiques comptables qui feront figurer cette installation comme un investissement, global et indifférencié, à amortir sur plusieurs années ; ce qui est bien utile pour éviter la mise en cause pénale des pratiques de cette entreprise.

    Sauf qu’EDF incluant dans ses coûts d’exploitation l’amortissement de ses investissements, il serait pourtant simple pour un avocat, épaulé par un expert-comptable, de démontrer que c’est bien nous qui paieront cette installation au final ; et que nous sommes bien en conséquence dans le cas d’une vente forcée, et tout également dans une modification significative du contrat commercial qui nécessite un consentement effectif sous peine d’être qualifiée d’abusive.

     

    Cela dit, même si le problème de l’électrosensibilité n’est pas négligeable et qu’il suffirait en soi à ne pas imposer le Linky à ceux qui ne le veulent pas, mais aussi à tous ceux qui ne veulent tout simplement pas le payer (comme en Allemagne), à mon sens ce sont des problèmes presque accessoires dans cette histoire.

    Il y a bien plus grave qu’un « banal » et énième possible scandale de santé publique de plus ; et encore plus grave (si on analyse la façon dont EDF nous ment, nous enfume, ne nous dit pas tout sur qui va payer cette installation) que des pratiques commerciales répréhensibles…

     

    Les réels buts d’EDF, qui se cachent derrière l’installation du Linky, tel qu’il est aujourd’hui 

     Il est inadmissible qu'EDF transforme tous les réseaux électriques en réseau informatique, lui permettant entre autres de faire du recueil d'informations sur les usagers ; d'autant qu'il y a des solutions pour arrêter le CPL (courants porteurs en ligne) au niveau du compteur et qu'EDF aurait pu laisser ce choix aux utilisateurs, en atteignant quand même ses objectifs de contrôle et relevé de la consommation. Ou encore, utiliser un procédé de récolte d’information passif (comme les compteurs d’eau) qui ne transforme pas toute l’installation électrique en réseau informatique. Ou encore un compteur qui ne peut qu’émettre ponctuellement et pas recevoir…

     

    Il y a d’ailleurs quelque chose qui par rapport à la propagande d’EDF n’a, à ma connaissance, pas assez été relevé par ceux qui ont un avis sur le Linky.

    EDF n’arrête pas de nous seriner que ce compteur permettra une meilleure répartition en fonction des besoins, notamment pour favoriser la « transition énergétique »…

    Or, de par la nature du courant électrique qui est produit en continu, EDF a déjà (et a toujours eu) un système de dispatching national (et même international, puisque nous sommes reliés à nos pays limitrophes) qui ajuste la production et la répartition des puissances distribuées en fonction des besoins locaux.

    Aussi, à qui EDF veut-il faire croire qu’il aurait besoin d’affiner individuellement ses mesures, alors qu’il a juste besoin de savoir (et il le sait déjà) le total d’énergie qui est pompé sur chaque secteur, à partir de chaque transformateur ?

    En réalité, EDF ne peut agir et s’ajuster qu’à partir d’un point de livraison global pour un secteur ; c'est-à-dire à partir d’un transformateur auquel il va délivrer plus ou moins de puissance en fonction de la demande totale. Donc, ça n’est pas parce qu’EDF saura qu’untel consomme plus à telle heure, que ça lui permettra de répondre à ce besoin personnel autrement qu’en fournissant plus d’énergie au transformateur de tout le secteur. Le Linky n’apporte donc absolument rien de plus pour la régulation des distributions et des consommations !

    La seule chose qu’EDF pourrait faire pour réguler la demande, c’est de couper à distance par exemple une alimentation sur deux en cas de trop forte demande, sans éteindre tout un secteur. Or dans les « engagements » (qui ne concernent que ceux qui y croient) publiés par EDF, la coupure à distance des alimentations individuelles est exclue.

    Cette histoire de mesure en continu de la demande individuelle ne tient donc pas la route pour soi-disant accompagner la « transition énergétique » ; ce qui est d’ailleurs corroboré par le fait que l’installation dans d’autres pays n’a eu à terme aucune incidence sur la baisse de la consommation.

    Mais il y a plus fort encore (si c’est possible)… Mettons-nous dans l’hypothèse où le pilotage à distance d’un compteur (pour faire uniquement du marche/arrêt, puisqu’il n’y a pas dans le compteur de dispositif pour réguler la tension délivrée) et son relevé de consommation serait un plus pour réguler la demande en faisant des délestages (coupures de courant) ciblés. Pourquoi EDF aurait-il besoin en plus de transformer tous les réseaux électriques des particuliers en réseau informatique ? Alors qu’absolument rien n’empêche d’avoir un compteur pilotable et consultable à distance, en arrêtant le CPL au niveau de celui-ci et même sans CPL du tout (Cf. : la solution des compteurs d’eau).

     

    Aussi, à l'évidence, EDF a un projet qui dépasse le simple relevé des compteurs et la gestion du réseau : devenir le premier FAI (Fournisseur d’Accès Internet), et tout également le premier fournisseur de renseignements commerciaux, quand la réglementation l'autorisera à proposer ces types de services ; et on peut être sûr que cela arrivera dans cette Europe « libérale ».

     

    Cependant, comme le relève la CNIL : « (…) une analyse approfondie des courbes de consommation pourrait permettre de déduire un grand nombre d'informations sur les habitudes de vie des occupants d’une habitation : heures de lever et de coucher, heures ou périodes d’absence, la présence d’invités dans le logement, les prises de douche, etc. ».

    D’ailleurs, le directeur de programme Linky se vantait en décembre 2015 de pouvoir discerner quels appareils électriques étaient utilisés par les occupants, avant de se rétracter éhontément en avril 2016 (sans commentaire)… 

    Aussi, un très grave problème de droits humains accompagne ces ambitions « cachées » : le cauchemar de l’avènement de Big Brother est totalement réalisable avec le Linky ; car dans sa forme actuelle, il permet le flicage généralisé et permanent de tous nos faits et gestes !

    Un problème politique majeur de choix de société qui ne semble pas mobiliser grand monde et encore moins la plupart de nos politiques.

     

    La mise en danger de la vie d’autrui, un « problème » qu’EDF voudrait nous faire croire qu’il maîtrise 

     Les hackers ont déjà moult fois démontré qu’ils pouvaient mettre les FAI en panne ; et aucun opérateur n’a été épargné, pas même Orange, dont une filiale gèrera les interconnexions du Linky. Ils ont tout également démontré qu’ils pouvaient neutraliser des réseaux informatiques entiers de pays (voir Wikipédia à l'entrée : « cyberguerre »). En bref qu’ils pouvaient rentrer partout, jusqu’à mettre en panne à distance des véhicules dits « intelligents », ou modifier des programmations d’appareils domestiques connectés.

    Aussi, quelle extraordinaire opportunité et aubaine pour eux que de pouvoir bénéficier d’un réseau global interconnecté avec pour se connecter, n’importe quel point de livraison d’électricité ; et ainsi pénétrer chez nous, mais aussi pour agir sur les systèmes de contrôle du réseau et tout également sur n’importe quel nœud de réseau connecté.

    Des hackers ont déjà démontré en Allemagne qu’ils pouvaient rentrer dans le système des compteurs électriques, pour récolter et modifier des données, et on peut être persuadé qu’ils feront de même en France ; soit, dans le meilleur des cas, juste pour démontrer qu’ils peuvent rentrer partout, soit dans le pire, dans un but criminel ; et là, tous les scénarios sont possibles, y inclus les catastrophiques.

    On imagine sans peine ce qui pourrait se passer s'il leur prenait l'idée de s'attaquer au réseau EDF pour le mettre en panne ou lui faire faire n’importe quoi, par exemple, en le saturant de fausses données... d’autant que celui-ci est connecté au réseau de production, majoritairement nucléaire en France, et qu’on ne peut pas arrêter une centrale sur un claquement de doigts.

     

    Mais c'est bien connu, comme toujours en plein délire  prométhéen de toute puissance, EDF maîtrise tout ; du moins jusqu'au prochain « incident » (quel bel euphémisme, pour ne pas dire accident ou catastrophe) qui pourrait avoir des conséquences autrement plus graves qu'une simple coupure de réseau informatique dans le cas d'EDF.

    Depuis 30 ans, on recense 6 « incidents » majeurs consécutifs à la production nucléaire pour la seule France. Par ailleurs, « Science & Vie » (n°1193 de février 2017) a produit un dossier accablant sur la filière nucléaire française ; je cite un constat, parmi d’autres, qui devrait tous nous terrifier : « (…) en 2015, le parc de réacteurs français a connu pas moins de 38 arrêts d’urgence et 18 départs d’incendie ». Tandis qu’une douzaine de réacteurs étaient à l’arrêt fin 2016 (20 en tout, avec ceux en maintenance), suite à la découverte (fortuite ?) de problèmes de résistance mécanique, due à de mauvais aciers utilisés (« pas grave », ce sont juste des problèmes susceptibles de provoquer des « incidents » du type de Tchernobyl et Fukushima).

    Rien que des « problèmes » dus à l’incompétence, l’imprévoyance ou des erreurs humaines de la part de ceux qui sont censés tout prévoir et tout maîtriser.

    Comme on le voit, EDF a amplement démontré qu’il « maîtrise tout », au moins aussi bien qu’il sera en capacité de piloter 81 millions de compteurs sans aucun dommage collatéral dans le « meilleur » des cas (alors que les incidents et incendies se multiplient suite à l'installation des Linky), ni catastrophe d’ampleur internationale dans le plus mauvais…

    Nos expériences répétées de catastrophes dues aux machines, en réalité aux facteurs humains qu’on s’obstine à penser toujours maîtrisables, n’auront donc jamais servi à rien.

    La seule vraie action à entreprendre serait de faire un procès à EDF pour mise en danger de la vie d’autrui, à cause du Linky, mais aussi de son déni que ses choix de production et de gestion du réseau nous mettent tous en grand danger.

     

    Alors, non et non, au Linky, sous sa forme actuelle 

     Notre Mairie est vraiment dépourvue de toute vision et analyse politique de ce qu’implique la généralisation du Linky. Pire, elle se rend complice en ayant accepté son installation ; et c'est d'autant plus inadmissible que sa majorité est constituée de soi-disant écolos qui répètent comme des ânes à l'envi l'argumentaire et la propagande d'EDF pour justifier leur immobilisme, comme le fait le dernier « Le Montreuillois ».

    Ça ne vous choque pas, à ce propos, que la plupart des militants d’EELV (dont ceux de Bagnolet) soient contre le Linky, mais pas nos vendus nos élus de Montreuil ? Moi si, beaucoup. Comme sur bien d’autres sujets, au vu de leurs actions et inactions, on se demande comment nos écolos locaux peuvent encore se prétendre écolos tout court…

     Alors, pour terminer sur un dossier qui en dit (encore) long sur le fossé grandissant entre les discours et les actes de notre Mairie, quelques informations pratiques :

    - l’adresse de la pétition locale ayant actuellement reçu le plus de signatures : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/linky-ce-sera-etat-urgence-permane-1137.html ; en tout, plus de 5 000 personnes ont déjà signé les pétitions qui tournent à Montreuil, sans que ça ne fasse bouger le moins du monde notre Mairie

    - le Kit complet de lutte contre Linky

    - Pourquoi il faut dire Non ! au nouveau compteur Linky

    - un site complet d’informations et de lutte : www.santepublique-editions.fr

    - un tract pratique, à imprimer, afficher et diffuser pour l’auto-défense

    - une adresse de contact : stoplinkymontreuil@riseup.net pour tout renseignement, mais également pour demander de l’aide, notamment en cas de tentative de pose forcée du compteur

     Bonne lutte à tous et toutes ; en vous rappelant que nous sommes toujours plus forts à plusieurs.

     


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