• SNEM : vues et points de vue…

    Si vous ne savez pas ce qui se passe à propos de la SNEM vous tapez « SNEM Montreuil » dans votre moteur de recherche et vous piochez dans les 25 700 occurrences proposées pour vous mettre au courant, ou mieux : vous allez sur le site de « L’usine verte ».

     Le dernier évènement en date (mercredi 04 octobre) est la dernière manifestation devant l’usine qui, suite aux revendications de fermeture des manifestants, a donné lieu à une déclaration mensongère « historique » de notre Maire rapportée par « Le Parisien » : « Ce n’est pas moi, mais le préfet qui décide de la fermeture d’un site », leur a-t-il rétorqué. « Je suis maire, pas scientifique ! J’ai atteint la limite des pouvoirs d’un élu local », a confessé Patrice Bessac, avant d’appeler « l’Etat à prendre ses responsabilités »

    Bien sûr, on n’en attendait pas moins d’un politique qui, comme bien d’autres, a toujours d’excellentes raisons pour justifier son immobilisme et ses absences de décisions.

    Cependant, bien que plus rien ne devrait m’étonner de la part des politiques, les bras m’en tombent quand même…

     

    Rappels à l’usage de notre Maire, puisqu’il semble que cela soit nécessaire…. 

     

     Le Maire représente l'État au niveau local. Il est officier d'État civil, officier de Police judiciaire, dispose de pouvoirs exécutifs et a des pouvoirs de police. Il est le premier Magistrat de la ville.

     Pour ce qui concerne les pouvoirs de police, si vous lisez ce mémo, vous constaterez que ses attributions et pouvoirs sont très larges, notamment en termes de protection des populations et d’environnement. Mieux, c’est un des rares cas où il n’a pas l’obligation de consulter le Conseil municipal, et où ce dernier ne peut pas s’opposer à ses décisions.

    Si effectivement le Préfet est responsable de la sécurité publique et en conséquence est en charge des autorisations concernant les activités classées, pour autant le Maire est tout à fait en droit de prendre des décisions de police qui iraient à l’encontre de celles du Préfet.

     Pour le problème qui nous occupe et compte tenu du faisceau de preuves récurrent qui indique que les populations riveraines et les salariées de cette usine sont en danger, notre Maire aurait pu :

    - prendre une mesure provisoire de fermeture du site en l’attente de sa mise aux normes et que des analyses (des sols, des eaux d’écoulement, de l’air, mais aussi des populations riveraines et des salariés par une étude épidémiologique et des analyses biologiques) disent qu’il n’y a ni danger, ni contamination,

    - saisir le Procureur de la République ou un Juge d’instruction en déposant une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. À charge pour ces derniers de diligenter les enquêtes et analyses qui auraient permis d’avoir le fin mot de l’histoire,

    - enjoindre le Préfet pour qu’il réalise et communique toutes les études (y incluses celles déjà réalisées) nécessaires pour protéger les populations et les salariés ; et sans réponse mettre en cause sa responsabilité...

     À charge, pour ceux (Préfet et/ou entreprise) auxquels ses décisions paraîtraient arbitraires ou empreintes d’abus de pouvoir, de faire les recours devant le Tribunal administratif pour les faire casser. Cependant, je doute qu’un procès, où tous les éléments seraient produits, serait en faveur de la SNEM (le dossier à charge est épais), tandis que notre Maire aurait au moins l’honneur d’avoir assumé son rôle de protection des populations et des salariés jusqu’au bout.

     

    Bref, notre Maire semble feindre de l’ignorer, mais il a tous les pouvoirs pour agir et mettre fin à cette histoire par le haut, plutôt que de laisser les populations se débrouiller avec leurs angoisses.

    Mais ce n’est pas son « style » d’affronter les difficultés, comme ça n’est pas non plus celui de nos élus municipaux.

     Pour l’anecdote (significative), le soir qui a suivi l’arrestation de deux manifestants, quelqu’un nous a rappelé qu’un Maire de Montreuil a eu, à une époque révolue, le courage de sa fonction, pour aller immédiatement devant le commissariat demander, avec un collectif, la libération des « gardés à vue ».

    Aujourd’hui, 15 ans plus tard, notre Maire actuel a laissé croupir en garde à vue (et peut-être dans le futur pénalement condamner) deux parents qui risquent gros pour « refus d’obtempérer et violences à agents » ; et il a fait lire au cours du Conseil municipal par son adjointe, une simple mise au point avec la promesse d’éventuelles palabres dans le futur ; et pas un mot pour dénoncer un usage de la force disproportionné, ni même compatir à la douleur des blessés suite à cette intervention musclée…

    C’est probablement ce qui caractérise la différence entre un Maire impliqué (quoi qu’on puisse en penser par ailleurs) et ceux (les suivants) qui n’ont géré et ne gèrent encore qu’en fonction de leur « carrière ».

     Bref, et re-bref, il faudra bien se demander un jour à quoi servent nos élus actuels ? À croire, au vu des déclarations de notre Maire, qu’ils ne le savent pas eux-mêmes. Mais ceux du passé tout également, et même ceux qui se positionnent pour le futur…

     

    Rappels à l’usage de tous les politiques qui voudraient instrumentaliser et récupérer à leur profit ce mouvement citoyen… 

     

    Un excellent travail a été réalisé pour établir l’historique chronologique de cette affaire (merci Christine). Comme on pourra le remarquer sur ce document, les alertes et demandes d’intervention commencent en 2006 !!! Sans qu’il ne se passe rien…

     Dès 2008, madame Voynet, ainsi qu’EELV, dont on pouvait espérer qu’ils seraient plus sensibles au problème, sont saisis du dossier. « On » s’échange des courriers, « on » interpelle, « on » enquête, « on » promet… Mais au final toujours quasiment rien ; jusqu’en 2011 où des analyses, réalisées par un laboratoire indépendant (financées en partie par la Ville), sont effectuées et révèlent de graves problèmes… Puis « bizarrement » (et à ma connaissance), tout le dossier disparaît dans les limbes en termes d’informations publiques…

     Je reste perplexe sur le fait que les problèmes avec la SNEM n’aient trouvé un écho médiatique et une mobilisation auprès de la population que depuis quelques mois seulement. Moi-même, alors que j’étais dans un passé récent assez investi dans le Conseil de quartier Etienne-Marcel/Chanzy, je n’avais jamais entendu parler de ces problèmes. Il n’y a que très récemment, malheureusement comme beaucoup de monde, que j’en ai pris connaissance.

     Or, cette société a déclaré son établissement secondaire à Montreuil en 1988, mais selon certains elle exploitait ce site depuis bien plus longtemps encore (qui sait ?) ; tandis que les problèmes (notamment périodiquement de rejets sauvages) semblent avoir été toujours présents.

     Aussi, pour en avoir le cœur net, j’ai fait des recherches dans les archives mails du CDQ (qui commencent en 2005). On trouve une seule évocation de ce problème en novembre 2011 (suite aux résultats très inquiétants des analyses faites par le laboratoire Analytika), dans un seul mail, apparemment non diffusé à l’ensemble des participants du CDQ.

    Par ailleurs, deux comptes-rendus de réunions de CDQ en 2011 (sur le site de la Ville) évoquent la SNEM (de façon plutôt rassurante pour celui de mai 2011), puis apparemment absolument plus rien jusqu’à la récente mobilisation.

     Il faut noter que « bizarrement », 2011 est la seule année où l’historique des mails du CDQ a presque intégralement disparu, puisqu’il ne reste plus que 2 mails dans le dossier. Les années 2012 à 2014 ont subi la même « purge » puisqu’il reste un nombre de mail anormalement bas dans les dossiers (et aucun n’évoque ces problèmes), par rapport au plus de 500 échanges que chaque année comporte habituellement… Qui est responsable de ce black-out de l’information ?

    « On » aurait voulu faire disparaitre tout ce qui a trait à cette affaire (bien gênante pour les élus de l’époque), qu’on n’aurait pas procédé autrement. Ou, autre hypothèse complémentaire, à croire que les personnes qui s'occupaient du CDQ à l'époque étaient totalement inféodés à la Mairie.

    Je n’ai pas compulsé l’intégralité des comptes-rendus en ligne sur le site de la Ville (de 2012 à 2014), mais il semble bien que le problème de la SNEM ait totalement disparu des préoccupations du CDQ depuis 2011 !!!

    Sans supputer sur les explications possibles, c’est quand même très inquiétant qu’un problème potentiellement aussi grave ait pu rester aussi longtemps sans suivi, sans solution, sans information des citoyens-nes ; et surtout sans action juridique qui pouvait se faire très simplement (et gratuitement) dès connaissance du problème par saisie du Procureur de la République pour mise en danger de la vie d’autrui…

     

    Que s’est-il passé pour que ces problèmes disparaissent des écrans radars du contrôle des citoyens-nes ? Quelqu’un-e a des réponses ?

     Qu’ont réellement fait les élus pour mettre fin aux préoccupations des populations et pour les salariés de la SNEM tous les jours directement en danger ?

     

    Je rappelle que notre majorité municipale actuelle est composée d’une coalition comprenant :

    - 6 PCF, y compris le Maire,

    - 8 PS,

    - 11 Front de Gauche (dont 4 France Insoumise qui ont créé leur propre groupe depuis peu),

    - 13 EELV.

     

    À l’usage de ceux qui pourraient se sentir en conflit de loyauté, je n’ai aucune arrière-pensée ni intention politique en rappelant notre contexte politique. Je n’ai jamais adhéré à aucun parti et ne juge que des faits. Je suis juste atterré que des gens faisant partie de ma famille politique élargie soient aussi peu en cohérence avec leurs convictions et aussi peu actifs pour résoudre les problèmes.

     Par ailleurs, quand je vois certains politiques, notamment pour les plus récents appartenant à EELV ou de la France insoumise, se mobiliser pour soutenir le mouvement, outre l'indécence de leur parole tardive, j’ai des doutes sur leur sincérité et leurs réelles intentions.

    Seuls les actes m’intéressent et le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis 2006, tous ces gens nous ont « baladés » (pour rester poli).

    Fait aggravant, ce ne sont pas ceux qui viennent faire la morale à notre Maire de l’extérieur, en le faisant savoir et tout en appartenant à la même majorité politique, qui risquent de me convaincre qu’ils font cela sans arrières pensées, intentions cachées et juste parce qu’ils se sentiraient concernés par ce combat. Y en aurait pas certains qui auraient des vues sur la Mairie ? Et qui voudraient instrumentaliser ce mouvement pour se placer ?

    Aussi, ils feraient mieux de se taire, tant je trouve irrecevable qu’ils puissent faire autre chose que de régler leurs problèmes d’incohérence directement avec leurs « copains copines » (et dans le silence). Ils devraient plutôt user de leur influence et de leurs pouvoirs pour réellement faire bouger les choses et obtenir des résultats. Là, seulement, ils redeviendraient crédibles.

     Oui, seuls les actes comptent pour moi, et ne rien faire est également un acte. Qu’ils soient portés par des « gens de ma famille » ou par d’autres m’importe peu, si je suis en désaccord avec ce qui est fait ou pas.

     Bref, pour être tout à fait clair, plus que marre des promesses et des belles paroles ; et restons vigilants sur les récupérations politiques qui pointent leur nez un peu trop ostensiblement.

     

    Pourquoi je vous dis cela… 

     

    Il n’y a que deux choses susceptibles de vraiment faire bouger nos politiques :

    - la mise en cause juridique de leur responsabilité pour mise en danger de la vie d’autrui. C’est en cours et on peut raisonnablement en espérer de vrais résultats.

    - le battage médiatique sur l’inaction et l’absence de résultats des élus ; avec la perspective qu’ils comprennent qu’ils vont perdre leur place aux prochaines élections, tant ils auront démontré leur incapacité à nous représenter.

    Mais pas seulement eux, leurs « copains copines » aussi (!), s’ils se présentent à leur place en essayant de nous faire croire qu’ils seront différents. Cette deuxième condition est essentielle, tant ce département (et d’autres) nous a habitués (depuis longtemps) au jeu des chaises musicales. On désavoue un élu à un endroit et il réapparaît ailleurs (Conseil régional, départemental, Est ensemble, autre commune…) ; ça suffit les « petits arrangements » entre « amis ».

     

    Je déplore que, faute d’informations, nous ayons perdu tant de temps pour agir ; en espérant que nous ne soyons pas déjà tous contaminés sans retour.

     Il y a sûrement des enseignements à tirer pour la suite sur un système qui empêcherait que ces pertes de temps, d’informations et de communications - avec leurs conséquences en plus potentiellement extrêmement dommageables et dramatiques - se reproduisent.

     À mon sens, cette affaire (comme tant d’autres) est encore une magistrale et terrible démonstration de plus qui plaide pour la création d’une association - indépendante de tous les partis politiques et non contrôlée par la Mairie (comme les CDQ) - qui ne défendrait que les intérêts des habitants.

    Que de temps nous aurions gagné, au lieu de nous retrouver, plus de 10 ans après les premières alertes, à devoir encore batailler, uniquement parce que nous nous sommes fait mener en bateau par des politiques avec lesquels nous avons été pour le moins complaisants, pour ne pas dire complices.

     Cette association arrive bientôt, je l’espère… Vous en serez tenus informés et votre participation y est la bienvenue.

    C’est tout pour aujourd’hui.

     

     Sites ressources sur cette affaire :

    - Page Facebook de l’association des Buttes à Morel

    - Page Facebook de « L'usine verte »

    - Pétition pour la fermeture de la SNEM

    - Site « L'usine verte », consacré intégralement à l'affaire de la SNEM

    - Sur Twitter : #usineverte

    Et toujours assemblée générale le samedi à 11 h au carré Désiré Préau (à l’angle de la rue Parmentier et de la rue Désiré Préau, face à la boulangerie), pour échanger sur ce combat.

    « Collège du 138 boulevard de Chanzy, des nouvelles des actions…Création de l’association « Vivre et agir à Montreuil » : première réunion plénière »

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